Le 25 août, le Premier ministre François Bayrou a annoncé qu’il engagerait, le lundi 8 septembre, la responsabilité de son gouvernement sur une déclaration de politique générale, en application de l’article 49, alinéa 1er de la Constitution. Un geste présenté comme une « clarification », mais qui ressemble surtout à un pari politique à haut risque.
🔎 La dette, un écran de fumée ?
Le Premier ministre a consacré l’essentiel de sa conférence de presse à la dette, en la décrivant comme un danger immédiat qui mettrait la France « au bord du surendettement ».
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Ce discours dramatique occulte volontairement d’autres enjeux tout aussi urgents : l’investissement dans les services publics, le pouvoir d’achat, la transition écologique et la justice sociale.
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Derrière cette insistance sur la dette, se profile une logique d’austérité, où les collectivités locales et les agents publics risquent d’être en première ligne pour absorber les efforts budgétaires.
👉 La CFDT rappelle que les agents territoriaux n’ont pas à payer le prix d’une dette qu’ils n’ont pas créée.
🔎 Un pari politique dangereux
En engageant un vote de confiance le 8 septembre, François Bayrou joue une partie serrée :
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il mise sur les abstentions et absences pour sauver son gouvernement,
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mais la majorité des forces politiques (de gauche, de droite et comme les extrêmes) ont déjà annoncé qu’elles voteront contre.
Résultat : une instabilité politique annoncée, qui risque de déboucher sur une nouvelle dissolution, avec des conséquences immédiates pour le fonctionnement de l’État et des collectivités.
👉 Les agents publics, déjà soumis à des réorganisations permanentes, n’ont pas besoin de ce climat d’incertitude.
🔎 Les collectivités en première ligne
Les associations d’élus locaux (AMF, APVF, AMRF) ont toutes exprimé leurs inquiétudes :
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gel des investissements,
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incertitude budgétaire,
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pression accrue sur les communes pour maintenir les services de proximité malgré des moyens en baisse.
Comme le souligne Christophe Bouillon (APVF), les collectivités se retrouvent « entre le marteau et l’enclume » : d’un côté, l’austérité budgétaire ; de l’autre, une instabilité politique qui bloque leurs projets.
👉 Pour les agents territoriaux, cela signifie des conditions de travail encore plus dégradées, une surcharge de missions et le risque d’être la variable d’ajustement d’un système politique qui se déchire.
✅ La position CFDT Interco
La CFDT Interco Besançon Ville CCAS GBM affirme :
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Non à l’austérité sur le dos des agents publics et des collectivités locales.
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Oui à une véritable décentralisation, qui donne des moyens réels aux territoires et valorise le rôle des agents.
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Oui à la stabilité institutionnelle, condition indispensable pour garantir des services publics de qualité et des conditions de travail dignes.
✊ Nous refusons que les agents soient les premières victimes de choix politiques incertains.
La CFDT Interco continuera à porter haut la voix des territoriaux : la dette ne doit pas être le prétexte à sacrifier les services publics, nos emplois et nos droits.
Annie FRANCOIS pour le syndicat CFDT Interco Section de Besançon Ville CCAS GBM

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