Jours de carence : ce qui se passe en Région AURA doit nous alerter

Publié le 16 janvier 2026 à 15:03

Depuis le 1er janvier, la Région Auvergne‑Rhône‑Alpes a décidé de sanctionner financièrement les agents en arrêt maladie en appliquant 6 jours supplémentaires dits « de carence », en plus du jour prévu par la loi.

Même si cette mesure concerne aujourd’hui les agents régionaux, elle nous concerne toutes et tous : ce type de dispositif pourrait demain inspirer d’autres collectivités territoriales.

🔎 Concrètement, qu’a décidé la Région ?

👉 En cas d’arrêt maladie ordinaire de courte durée :

  • 6 jours de retenue supplémentaires sont appliqués

  • soit 2 jours de franchise sur l’année civile

  • la retenue porte sur l’IFSE (indemnité liée aux fonctions)

  • la mesure concerne fonctionnaires et contractuels

La Région ne pouvant pas modifier la loi, elle conditionne une partie de la rémunération à l’« assiduité » des agents. Un contournement assumé du cadre réglementaire.

❌ Une mesure injuste et inefficace

Pour la CFDT Interco, cette décision repose sur une logique punitive :

  • Elle assimile maladie et abus, en faisant peser un soupçon permanent sur les agents

  • Elle pénalise financièrement des agents réellement malades

  • Elle n’agit pas sur les causes réelles de l’absentéisme : conditions de travail, pénibilité, surcharge, manque de reconnaissance

👉 Rappel important : au niveau national, chaque augmentation des jours de carence a entraîné des arrêts plus longs, ce qui a conduit à un retour en arrière.

⚙️ Une « usine à gaz » dénoncée par les syndicats

Les organisations syndicales alertent aussi sur les risques pratiques :

  • complexité de gestion

  • incertitudes sur les remboursements en cas de requalification d’arrêt

  • charge administrative supplémentaire pour les agents et les services RH

La Région promet un premier bilan à la rentrée. Les syndicats seront extrêmement vigilants.

✊ La position de la CFDT Interco

La CFDT Interco défend une autre approche :

  • la prévention plutôt que la sanction

  • le respect de la santé des agents

  • le dialogue social plutôt que la stigmatisation

👉 La maladie n’est pas une faute. 👉 La santé des agents ne doit jamais devenir une variable d’ajustement budgétaire.

La CFDT Interco restera mobilisée pour défendre les droits et les conditions de travail des agents, à Besançon comme ailleurs.

 

Annie FRANCOIS pour le syndicat CFDT INTERCO Section Besançon Ville-CCAS-GBM

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