Une timide hausse des salaires en 2024 : la territoriale toujours à la traîne...

Publié le 11 mai 2026 à 16:29

En 2024, les salaires dans la fonction publique ont enfin rebondi, après deux années de baisse consécutive. C’est ce que révèlent les données publiées par l’Insee ce 6 mai 2026. Portée par la revalorisation du point d’indice de 1,5 % en juillet 2023 et par l’attribution de cinq points d’indice supplémentaires au 1er janvier 2024, la hausse des salaires nets en euros constants concerne les trois versants. Une bonne nouvelle ? Oui, mais à relativiser fortement...

La territoriale : le parent pauvre de la fonction publique

Avec 2 317 euros nets mensuels en moyenne (en équivalent temps plein), la fonction publique territoriale reste le versant le moins bien rémunéré. C’est bien loin des 2 896 € de l’hospitalière et des 3 018 € de la fonction publique d’État.

Dans la territoriale, la hausse est de 1,3 % en euros constants. C’est mieux que les deux années précédentes, mais c’est insuffisant. Surtout quand on compare avec les 2,6 % de progression enregistrés dans la fonction publique d’État, portés par une forte augmentation des primes.

Des écarts qui persistent selon les collectivités

Tous les agents territoriaux ne sont pas logés à la même enseigne :

  • Dans les communes (qui concentrent 51 % de l’emploi territorial), le salaire moyen n’est que de 2 186 € nets mensuels. 79 % des fonctionnaires communaux sont en catégorie C.
  • Dans les départements, le salaire moyen atteint 2 528 €, avec 30 % d’agents de catégorie A.
  • Dans nos collectivités (Ville de Besançon, CCAS, GBM), nous savons bien que les réalités de terrain sont souvent éloignées des moyennes nationales.

Les femmes toujours pénalisées

Dans la territoriale, l’écart salarial entre les femmes et les hommes ne se réduit pas en 2024, contrairement aux deux autres versants. Les agentes gagnent en moyenne 7 % de moins que leurs collègues masculins. À profil comparable, l’écart est de 4,2 %, stable par rapport à 2023.

Pourquoi ? Parce que les femmes sont majoritaires sur les postes à temps partiel ou non complet (82 %), et subissent plus fréquemment des interruptions de carrière. Plus le salaire est élevé, moins elles sont présentes : 65 % des 10 % les moins rémunérés sont des femmes, mais seulement 51 % des 10 % les mieux payés.

Ce que la CFDT en pense...

Ce que nous dénonçons :

  • Une hausse encore trop timide dans la territoriale, qui reste le parent pauvre de la fonction publique.
  • Des écarts salariaux persistants entre les femmes et les hommes.
  • Une politique de rémunération qui repose encore trop sur les primes, créant des inégalités entre versants et entre collectivités.

Ce que nous revendiquons :

  • Une revalorisation du point d’indice plus ambitieuse et régulière.
  • Un plan de rattrapage spécifique pour la fonction publique territoriale.
  • Des mesures concrètes pour réduire les inégalités salariales entre les femmes et les hommes.
  • La reconnaissance de la pénibilité et des missions exercées par les agents de catégorie C.

Ensemble, continuons à nous mobiliser pour des salaires dignes et une reconnaissance à la hauteur de notre engagement !

Annie FRANCOIS pour le syndicat CFDT INTERCO Section Besançon Ville-CCAS-GBM

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