Santé au travail : Un plan 2026-2030… mais quels moyens pour protéger les agents?

Publié le 28 août 2026 à 13:10

La santé au travail ne doit pas rester une simple promesse !

Le 26 août, un nouveau groupe de travail consacré au futur Plan santé au travail dans la fonction publique 2026-2030 s'est réuni. L'objectif est ambitieux : améliorer la prévention, les conditions de travail et la protection de la santé des agentes et des agents publics. Mais, à l'issue de cette réunion, un constat s'impose : malgré les nombreuses contributions transmises par les organisations syndicales pendant l'été, le document présenté par l'administration n'a pratiquement pas évolué.

De quoi susciter une réelle déception.

Les syndicats ont fait des propositions… …mais rien n'a bougé !

Les organisations syndicales avaient pourtant transmis leurs observations et leurs propositions afin d'améliorer le futur Plan santé au travail.

Pourtant, lors du groupe de travail du 26 août, le document présenté par la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) était quasiment identique à celui discuté lors de la précédente réunion.

❓ La question se pose donc :

À quoi sert la concertation si les propositions des représentants des agentes et des agents ne sont pas prises en compte ?

Pour la CFDT, le dialogue social ne peut pas se limiter à consulter les organisations syndicales pour ensuite conserver un document quasiment inchangé.

Qui contrôle réellement les conditions de travail ?

L'un des principaux points de blocage concerne les acteurs chargés du contrôle de la santé et de la sécurité au travail dans la fonction publique.

Aujourd'hui, les inspecteurs santé et sécurité au travail (ISST) et les agents chargés des fonctions d'inspection (ACFI) jouent un rôle important dans la prévention des risques professionnels.

Le futur plan prévoit notamment une évolution des textes qui encadrent leurs missions ainsi qu'un renforcement de leurs garanties d'indépendance.

Mais une question essentielle demeure : Auront-ils réellement les moyens d'agir ?

Les organisations syndicales regrettent que le projet ne prévoie toujours pas de véritable pouvoir de contrainte ou de sanction.

Autrement dit :

Constater un problème, c'est indispensable.
Pouvoir réellement agir pour le faire disparaître, c'est encore mieux !

Les employeurs publics : les grands absents ?

Autre critique importante formulée lors des discussions : la responsabilité des employeurs publics apparaît insuffisamment présente dans le projet de Plan santé au travail.

Pourtant, les employeurs publics ont une responsabilité essentielle dans :

l'organisation du travail ;
la prévention des risques professionnels ;
la protection de la santé physique et mentale ;
l'amélioration des conditions de travail ;
la mise en œuvre concrète des mesures de prévention.
Pour la CFDT, il ne suffit pas de parler des acteurs de la prévention.

Il faut également s'interroger sur :

**Qui décide ?

Qui organise le travail ?
Qui met les moyens nécessaires ?
Et qui est responsable lorsque la prévention ne fonctionne pas ?**

Un véritable Plan santé au travail doit donc également fixer des exigences claires aux employeurs publics.

Et la médecine de prévention ?

La situation de la médecine de prévention reste également une source d'inquiétude.

Le projet de plan affirme vouloir renforcer son attractivité.

Mais plusieurs questions restent en suspens :

  • Combien de médecins de prévention seront nécessaires ?
  • Quels objectifs concrets seront fixés ?
  • Comment améliorer l'accès des agentes et des agents à la médecine de prévention ?
  • Quels moyens humains et financiers seront réellement consacrés à cette mission ?

Annoncer des ambitions, c'est une chose. Fixer des objectifs précis et se donner les moyens de les atteindre, c'en est une autre.

Pour la CFDT, un plan efficace doit pouvoir être évalué.

Et pour être évalué, il faut des objectifs clairs, mesurables et accompagnés de moyens.

La santé au travail ne peut pas attendre !

Derrière les grands principes et les documents de planification, il y a une réalité vécue quotidiennement par les agentes et les agents.

👉 Charge de travail.

👉 Manque d'effectifs.

👉 Réorganisations permanentes.

👉 Difficultés managériales.

👉 Usure professionnelle.

👉 Risques psychosociaux.

👉 Accidents de service.

👉 Difficultés de maintien dans l'emploi.

La prévention ne doit donc pas intervenir une fois que la situation est dégradée.

Prévenir, c'est agir avant que les agents ne soient en difficulté.

Un calendrier très serré !

Deux rendez-vous doivent encore permettre de faire évoluer le projet :

📅 22 septembre : nouvelle réunion de travail.

📅 6 ou 8 octobre : présentation du Plan santé au travail dans sa version arrêtée.

La fenêtre est donc particulièrement réduite pour espérer que les propositions des organisations syndicales soient enfin prises en compte.

Le message de la CFDT interco

**LA SANTÉ AU TRAVAIL, CE N'EST PAS UNE OPTION.

CE N'EST PAS NON PLUS UN SIMPLE DOCUMENT POUR LES CINQ PROCHAINES ANNÉES.**

C'est une question qui concerne directement les conditions de travail, la santé et la qualité de vie professionnelle de toutes et tous.

La CFDT continuera à porter la voix des agentes et des agents :

MOINS DE PROMESSES.
PLUS DE MOYENS.
PLUS DE PRÉVENTION.
PLUS DE PROTECTION.

À vos côtés au quotidien, pour défendre vos droits, vos conditions de travail et votre santé.

Annie FRANCOIS pour le syndicat CFDT INTERCO Section Besançon Ville-CCAS-GBM

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